Parchemins Instantanés

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

366 réels à prise rapide, de Raymond Queneau

Fil des billets - Fil des commentaires

mardi 31 août 2010

Semaine 35 : lundi et mardi

30 août

Aujourd’hui les toilettes

Selon 2 axes :

  • les gogues, goguenots, latrines, commodités, lieux, lavabos, cabinets, autrement appelés WC….

Les miens sont carrelés de noir, peints de jaune sur les murs, assez vastes pour intégrer des étagères de livres, et aussi un sac de patates et un autre d’oignons. Parce que c’est le lieu le plus frais de l’appartement l’hiver, lorsque le chauffage tourne, et que les patates germent.

Ils ne sont malheureusement pas plus écolo que leur chasse à deux débits. J’ai longtemps réfléchi à les transformer en toilettes sèches (à litière), mais le problème de l’évacuation (en nocturne ? et où ?) de la sciure, m’a semblé trop complexe (et proprement irréalisable à Humain, mais bon).

Et je ne parle pas de leur nettoyage, très fréquent pour cause de 2 petits garçons qui font des expériences de visée, parfois approximatives. Surtout l’un des deux, doté d’un appendice qui vise vers le haut, avec un jet puissant qu’il peine à maîtriser parfois….

Visiteurs de passage, si vous trouvez les lieux un peu humides, voici le mode d’emploi. Sur l’étagère en face de vous, vous trouverez un flacon vapo de produit nettoyant. A votre gauche un sac de lingettes éponges. Vaporisez. Essuyez. Reposez la lingette salie sur l’étagère (m’en occuperai à mon prochain passage). Merci.

  • celles que l’on change au gré de la météo, de ses humeurs, des contraintes liées à nos déplacements.

Petits hauts de fille parfois. Tee shirts simples souvent. Couleurs et chaussures assorties parfois. Mais il ne faut pas me pousser beaucoup pour que je reprenne un look sport et des tenues pratiques, avec peu de fioritures. Pourtant il parait que j’ai un style. Et d’aucuns en me voyant me demandent si je reviens d’Inde….

--ooo—

31 août

Aujourd’hui le territoire de

Ma ville. Investi de manière différente lorsque je rencontre un vieux monsieur qui vient de couper du bambou derrière le bâtiment. Il raconte qu’on peut tout faire avec ce matériau. Je renchéris : oui, nous sommes dans une société du « tout fait, ya ka HT ». Son truc à lui c’est qu’il veut montrer aux jeunes, et aux enfants, comment on peut faire avec presque rien.

C’est un illuminé -c’est du 2nd degré, en fait c’est un vieil homme aux cheveux blancs et barbe blanche, chemise et pantalon en couleurs- comme je les aime, qui n’hésite pas à expliquer sa démarche, son humanité, ses trouvailles, et veut transmettre. C’est donc un homme authentique. Qui inspire le respect pour peu qu’on soit ouvert à ce type d’individu.

Il nous retarde donc, et nous nous laissons faire, en nous parlant de bambous et de plantes, de société et d’apprentissages.

Ensuite nous partons pour Féas retrouver des copains qui nous ont invité sur leur territoire pour l’après midi. La maison, la promenade en vélo jusqu’à la rivière, les pieds dans l’eau, la pêche à la main, les jeux des 3 garçons. Le bébé.

Une douche et un repas plus tard, il faisait nuit, les garçons étaient cuits, et nous reprenions le camion pour rentrer.

Semaine 34 : VSD

27 août

Aujourd’hui ce petit coin de nature

Que j’aspire à avoir, que je vais voir, que j’aimerai devoir entretenir, qui fait partie de moi.

Après l’été, la vie à l’extérieur, le camping même sous la pluie, me revoilà à l’intérieur de l’appartement. Et partout des signes qui me poussent à l’extérieur.

Le petit coin vert sur mon balcon. Les grandes plantes que j’ai décidé de garder à l’intérieur. Les mots de mon Lumineux qui demande presque chaque jour un coin de nature.

Sous quelle forme ?

A voir.

Aujourd’hui je continue mon opération de rangement, tri, vidage de pièces.

J’ai vendu hier la draisienne orange. Depuis 3 jours des bouquins sont dans un sac dans le camion. J’ai vu ce matin le bouquiniste qui me reprend chaque ouvrage 0,20c. Et bien je ne suis pas d’accord. Je préfère tenter de les vendre moi, en vide grenier ou sur un site internet. Me voilà repartie avec mes livres.

Mais j’ai bien commencé de déblayer le bureau, aidée d’Humain (il n’y avait pas que mon bazar dans ce lieu).

Je n’ai pas pris de photo « avant », mais je pense en prendre « après ». Et les familiers qui connaissent l’endroit verront bien les progrès accomplis.

Ce soir je réfléchis à l’aménagement prochain du lieu…. Prenant des mesures et calculant….

--ooo—

28 août

Aujourd’hui succession de bruits

Le blender qui ronronne quand je mixe l’appareil de la tarte au carottes et tomme.

Le souffle du four quand je cuis le pain, puis les puddings et la tarte.

IMGP5116.JPG

Les garçons qui demandent quand est-ce qu’on y va, à la fête chez leur copain ?

Le bruit du moteur du camion quand on y va, enfin !

Les voix humaines quand on arrive, douces et atténuées dans les collines du piémont pyrénéens. Et non pas noyées dans le bruissement de la ville.

Partage de nourritures et de boissons, posées sur la table pour la communauté.

Et les concerts !

Mes petites amoureuses en pleine création qui nous gratifient de leurs dernières chansons, encore hésitantes parfois. Ambiance Noir désir mâtinée de Têtes raides.

IMGP5138.JPG

La nuit tombe. Je ne peux plus prendre de photos. Ou alors au flash, ce que j’évite.

Karen suit à la flute traversière, accompagnée de la guitare, pour des compositions de Paco de Lucia. Ils terminent par Indifférence, une valse dont j’aime particulièrement la version chantée par André Minvielle.

IMGP5318.JPG

Spontanément chacun cherche le titre et partage ses idées avec les voisins.

Julie Lambert vient aussi nous chanter ses chansons de sa douce et néanmoins puissante voix, dans la nuit noire.

IMGP5323.JPG

C’est là que Loïc, en animateur confirmé, nous propose un quizz : trouver le titre et l’interprète. Le jeu a beaucoup de succès. Pour ma part je suis nulle à ce jeu. Même version avec les séries TV. Mais le décalage est plus grand encore : je ne connais pas 95% des séries ! Alors leur musique !

Les musiciens, présents ou en devenir font ensuite un bœuf déjanté…. Qui dure jusqu’à plus de 5h.

Solaire s’est endormi vers 2h sur mes genoux, sur le tapis devant la scène.

Lumineux et son copain N. résistent et continuent leurs jeux. Il faut l’obliger à se coucher à 4h quand nous y allons….

--ooo—

29 août

Aujourd’hui un geste qui veut dire

Que le jour est levé depuis longtemps et que les musiciens continuent de s’entrainer. Réveil en musique à 10h. Lumineux veut partir jouer, Solaire a faim. Nous rangeons le couchage. Devant le camion, un champ, un pommier.

IMGP5450.JPG

IMGP5448.JPG

Petit dej au soleil devant la maison, en parlant de musique, de Marciac. Je fais revivre des scènes de concert. Les enfants essayent les instruments.

IMGP5474.JPG

IMGP5501.JPG

Puis les musiciens, de nouveau in the mood, se refont un bœuf.

De nouveau séance de photos. En plein jour c’est plus confortable.

IMGP5402.JPG

Avant que certains musiciens rangent leurs instruments.

Geste qui veut dire que la fête est finie et qu’on aborde le déménagement.

Hier soir F. et Y sont arrivés en camion. Comme d’autres. Mais le leur est plus gros, et vide.

La plupart des voitures sont parties.

Nous quittons nos vêtements jolis pour des tenues qui ne craignent rien. Et le grand camion se remplit.

Au fur et à mesure que les norias se font entre l’étage d’où la yourte est délogée ainsi que les étagères, armoires, vêtements, machine à laver et même baignoire….

Au soir le camion est rempli et nous pouvons nous assoir pour boire et manger, nous reposer avant la journée de demain.

Nous rentrons à Pau pour retrouver notre chatte, laissée dehors, ses croquettes et son eau sur le palier.

Evidemment les garçons s’endorment au retour et nous les portons au lit.

Après le rangement nous prenons connaissance de nos mails et j’ai le plaisir de trouver une longue lettre de mon amie Fab.

vendredi 27 août 2010

Semaine 34 : mercredi et jeudi

25 août

Aujourd’hui essayé de

Ranger, déblayer, nettoyer. Pas réussi. Envie d’écrire, de répondre aux courriers d’amis, de profiter de la vacuité de mon esprit, de la seule présence de la chatte dans l’appart vide.

Prendre garde à ne pas en faire une habitude.

Garder à l’esprit l’efficacité d’une vie organisée avec ses impératifs décidés, les moments d’activité physique plus fréquents.

--ooo—

26 août

Aujourd’hui demi-vérité

Ou demi-mensonge. Verre à moitié plein ou à moitié vide.

Traces d’un chemin : moment sur le chemin.

Non-dit ou omission volontaire.

Arrangements avec moi-même, seulement.

Parfois c’est le moment de dire, et il faut que ça sorte, de façon brute ou plus élaborée. Je dis à l’écrit. En phrases entières ou hachées, en explicitant avec des détails ou non. Ou bien je lâche une phrase laconique qui fait référence à une conversation passée. Je choisis mon interlocuteur avec soin. Le plus souvent c’est moi-même qui recueille l’objet de mes colères, coups de gueule, interrogations.

Je ne pratique pas la co-écoute qui me semble trop lourde pour l’interlocuteur ou pour moi, qui a des règles et un vocabulaire qui me heurtent. Je préfère placer ma confiance ponctuellement dans l’écrit et dans « l’autre ». Lancer des images, changeantes, forcément, et voir ce que l’autre y voit, permet de prendre du recul.

Je me livre aussi dans ces pages. Avec parfois des demi-vérités conscientes ou non. Parce que je pense que le reste ne regarde que moi. Non que je sois prude. Mais ex/primer n’est pas se répandre.

mercredi 25 août 2010

Semaine 34 : lundi et mardi

23 août

Aujourd’hui chaussures

Violettes. Mes nouvelles Birkenstock

Un grand sujet, ça…. Pendant des années j’ai cherché quelles chaussures porter. Prise entre les diktats de la mode, les finances réduites de mes parents, et mes pieds minces, osseux, au 2ème orteil plus long que les autres (pied grec), avec un hallux valgus, et à la peau fine et sujette aux ampoules. J’ai donc eu des chaussures trop serrées, qui m’ont blessées, qui me faisaient transpirer quand elles n’étaient pas en cuir, ou alors qui m’allaient les premiers jours et me faisaient souffrir ensuite, et donc que je ne portais plus. Cela a créé des dissensions familiales, des crises, des cris et des soupirs, des tentatives d’élargissement chez le cordonnier. Mais le fait était là : j’avais des ampoules, je souffrais, même si le vendeur avait dit « elles vont se faire », je constatais qu’il n’en était rien : mes pieds saignaient, et mes chaussures ne se faisaient pas, jamais.

J’ai bien aimé les Palladium en toile que ma tante appelait des « écrases merdes ». Je ne pouvais pas les porter avec mes jupes indiennes, ça n’était pas encore tendance. J’ai eu des sandales indiennes en cuir avec entre doigts et bague au pouce. A cette époque je portais la salopette jaune en toile et le sac US graffité au feutre de citations. Dans le sac mon magnétophone jouait les Doors, Supertramp ou encore Dire Straits, Higelin, ou Brassens. Ça signe une époque…..

Mes tennis étaient des Stan Smith. J’avais aussi des espadrilles pour aller à la plage.

Etudiante à la ville j’ai eu une période talons/tailleur/cheveux permanentés. Qui n’a pas duré plus d’un hiver, heureusement. Le naturel est revenu au galop.

Mes chaussures sont donc restées plates, j’ai privilégié les formes simples qui se réglaient. Les mocassins me plaisent mais je ne peux pas en porter car je les perds. Je me souviens d’une paire violette (déjà !) fine et asymétrique, en nubuck très souple. D’une autre vert foncé, un peu masculine.

Trouver des chaussures sympa, en cuir, confortables et plus ou moins à la mode me prenait des jours, des heures d’essayages dans les magasins.

Je ne parle pas des chaussures techniques : montagne, ski. C’est encore une autre épopée. Mes débuts au ski, avec des chaussures en cuir à lacets, trop larges, se sont faits avec deux paires de grosses chaussettes, plus du coton sur la partie interne de la plante, dans le creux, pour éviter les ampoules qui se formaient cependant d’une semaine sur l’autre ; surtout quand on apprenait à marcher en escalier avec les skis. J’ai hésité plusieurs années avant de m’acheter des chaussures de ski, vers 25 ans : j’ai commencé par louer des chaussures, à les rendre le soir en grimaçant, les pieds pleins d’ampoules, jusqu’au jour où j’ai trouvé une marque et un système qui m’allait bien. Cette fois j’ai acheté une paire de cette marque. Et j’ai même fait faire des semelles à mes pieds, grâce à un système à chaud qui était tout nouveau. J’ai toujours ces chaussures. Mais je constate chaque hiver que le look de mes chaussures de ski est toujours d’actualité.

Et puis j’ai pris la décision de m’acheter des chaussures de ville, de marque, chères, mais que je garderais des années. J’ai donc cherché du côté des marques alternatives, peu connues. Trouvé des boutiques , parfois à Paris lors des rares passages que j’y ai fait. J’ai payé mes chaussures en plusieurs fois. Mais je les ai toujours. Et surtout, je me suis rendue compte que ma pointure n’était pas le 38, mais le 39.

Mes marques : Clarks, Trippen, Birkenstock, Bär. Parfois des marques sport pour des sandales sport (The North Face).

Je me trompe beaucoup moins, mais ça m’arrive encore : la marque El Naturalista me plait, mais je ne peux pas la porter car la voute plantaire n’est pas adaptée à ma morphologie. Il m’est arrivé d’en acheter et d’être obligée de les revendre. Les modèles hommes me plaisent bien davantage, mais sont souvent trop larges pour mes pieds, ou n’existent pas en 39.

Les Mephisto sont moyennes à mon goût : trop étroites, mon pied glisse dedans. Mais inusables. J’ai une paire de Pikolinos, mais elles ne sont pas aussi confortables que mes vieilles bottines Trippen que je désespère de pouvoir remplacer. Je lorgne du côté des Cydwok, bien trop chères, hélas.

Je regarde parfois avec envie les personnes qui se contentent de chaussures à bas prix, qui en changent selon la mode, et surtout qui « font « les chaussures à leur pied, sans souci, qui ne mettent pas des heures à choisir et savent de suite ce qui va leur aller.

Rien n’est simple dans ma vie, surtout pas mes pieds…. Mais les choyer et les comprendre me permet d’être bien.

Une petite énumération de mes chaussures préférées et de leur âge :

  • Bär achetées en 1994
  • Bär achetées en 1995
  • Bär achetées en 1996
  • Clarks achetées en 1997
  • Trippen achetées en 1998
  • Trippen 1999
  • Birkenstock achetées en 1998
  • Birkenstock achetées en 2005
  • Birkenstock achetées en 2009 (occasion)
  • Birkenstock achetées en 2010

2 photos de quelques unes de mes chaussures de saison :

IMGP5114.JPG

Mes sandales Birkenstock, les plus anciennes sont les écrues.

IMGP5115.JPG

Bär, Trippen, Clarks et Birkenstock fermées. En l’état, c'est-à-dire pas cirées.

--ooo—

24 août

Aujourd’hui un trou

Noir de la nuit qui me happe, aidée de l’ordinateur, outil hypnotiseur qui me pousse à reculer toujours mes heures de coucher.

Hier encore je me suis retrouvée à calculer des étagères pour le bureau, rallumant l’ordi pour vérifier les côtes des briques réfractaires puis celles des briques de béton cellulaire et enfin les dimensions des planches de coffrage. Griffonnant un croquis sur mon carnet spécial, jusqu’à 3h du mat. Heure à laquelle je voulais m’endormir, quand la chatte avait décidé de tambouriner contre la porte, pour demander à boire….

Déjà loin ces 15 jours où mon ordi était un outil que je n’allumais que 2 ou 3h par jour pour m’en servir. Et pas pour me laisser vampiriser par cette fenêtre ouverte.

Cela ne veut pas dire que je ne découvre pas, que je ne lis pas, que je n’écoute pas de musique ni ne réfléchis, ni n’écris.

Mais il est vrai que l’écriture au clavier m’est bien plus pratique, même si moins poétique, que celle au carnet.

- page 3 de 38 -