Parchemins Instantanés

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366 réels à prise rapide, de Raymond Queneau

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jeudi 18 mars 2010

Semaine 11 : mercredi et jeudi

17 mars

aujourd'hui fallait pas que

je rate les madeleines ! A la question : que voulez-vous que je fasse comme gâteau ou biscuit pour amener au Festival de la petite enfance ? La réponse a été : des madeleines !

Une fois fait nous nous sommes préparés. Le nouveau défi étant qu'ils s'habillent et se préparent seuls, parce qu'ils sont grands (ben c'est super long et difficile de naviguer dans les méandres psychologiques de chacun....). J'ai proposé de prendre les vélos pour y aller, histoire de profiter du soleil avant de s'enfermer dans la Foire expo. Directives d'usages sur la sécurité. Je savais déjà que Lumineux était au point, j'ai pu vérifier que Solaire aussi. Ouf !

Nous avons nos habitudes là-bas. Passage au stand LLL saluer les animatrices, prendre des nouvelles, poser nos affaires. Puis jeux. Moins de monde que l'an dernier. J'attribue ça au fait qu'il fait beau et doux, enfin, et que les familles sont parties se promener dehors au lieu de s'enfermer.

On ira demain au soleil.

Ils ont joué. J'ai discuté avec pas mal de personnes. Une après midi sympa.

La recette des madeleines de Commercy

  • 175 g de farine tamisée
  • 25 g de maïzena
  • 120 g de beurre ou margarine
  • 1cuillerée à soupe de farine
  • 125 à 150 g de sucre en poudre
  • 3 gros œufs (60g)
  • 1 cuillerée à soupe d’extrait de vanille
  • 1 pincée de sucre glace

Chauffer le four à 200 °.

Mélanger sucre, farine et maïzena dans un plat à tarte, porter au four pour un bon réchauffage.

Faire blondir le beurre, dans lequel on jette une cuillerée de farine. Mélanger rapidement et laisser au tiède.

Monter les œufs entiers au fouet, ajouter le mélange sucre et farine, le mélange beurre et farine et la vanille.

Remplir les plaques à la cuillère et faire cuire une douzaine de mn, plaque par plaque si le four n’est pas assez large pour 2 à la fois.

Laisser refroidir.

Possibilité de changer de parfum : zeste de citron ou d’orange (bio), anis, amande amère…. Possibilité de mêler à la pâte des graines de sésame, du citron confit, des pignons,….

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Ne manque que l'odeur des madeleines. Et Proust !

ooo

18 mars

aujourd'hui un moment où j'ai regardé l'heure

9h30 : énième épouillage fastidieux qui casse mes cheveux. Les garçons m'appellent parce qu'il y a du vomi de chat dans le lit de la salle de jeux.

Il était déjà 11h. Je voulais m'habiller et aller faire des courses. Mais l'ami J. a téléphoné. Il avait besoin de parler. Longtemps. Premier changement de programme parce que je n'avais plus le temps d'y aller seule (et donc rapidement).

Puis il était déjà 14h30, les garçons trainaient en pyjama et je les pressais de s'habiller. On venait d'apprendre que leur copine Lucie ne viendrait pas demain, mais que s'ils voulaient la voir elle serait à la ludothèque aujourd'hui. Il fallait donc faire les courses avant d'y aller.

A 15h15 je me suis rendue compte que j'avais oublié le chéquier pour payer les courses. Et mon amie Fran. apparaissait dans l'épicerie. Mais elle venait de donner son dernier chèque à sa coiffeuse. Elle me raconte les péripéties de sa famille ces derniers mois. Pas drôle.

Je me voyais déjà repartir chez moi chercher le chéquier, puis revenir payer l'épicerie. Heureusement Sylvie est arrivée, et a accepté de me prêter un chèque. Ouf !

Là j'ai fait une erreur en le remplissant.... que j'ai pu rattraper. En suivant j'ai renversé le sucre (rapadura, en vrac) dans le coffre du camion. Le tout en faisant toujours bonne figure, avec une sorte de légèreté, en observant ça de l'extérieur....

Pour finir on a été à la ludothèque, ils ont vu leur copine Lucie et d'autres copains. Atmosphère plombée dans la salle de jeu car E. (la maman) avait une peine d'amour, était accrochée à son téléphone, et les enfants étaient sensibles à cette ambiance.

Au retour : cris et chamailleries. Demandes incessantes de Lumineux qui depuis plusieurs jours ne peut pas attendre plus de 3s qu'on vienne lorsqu'il le désire, et qui crie et appelle en boucle, allant même jusqu'à me dire que son frère vient de vomir, ou autre truc de cet acabit pour me faire déplacer plus vite.

Ajoutons ma fatigue, mon double herpès labial (signe chez moi que je suis passée au-delà de la fatigue normale), les lits à faire, le repas, les lessives, ranger les courses....

Ils ont tenté de me chatouiller encore une fois jusqu'à 22h, et là, j'ai explosé. Leur expliquant que ma limite était atteinte depuis longtemps et qu'ils n'avaient qu'à s'endormir tous seuls.

Pas fière.

mercredi 17 mars 2010

Semaine 11 : lundi et mardi

15 mars

aujourd'hui petite satisfaction personnelle

J'ai réussi à écrire un court texte pendant que mes garçons jouaient à un jeu sur l'autre ordinateur, me posaient des questions, me demandaient de lire des phrases.

Journée au ralenti. M'efforçant de répondre aux questions et demandes des enfants alors que je me sentais vaseuse et enrhumée (hier tentative de tuer mon rhume en l'amenant à la montagne. Raté !).

ça ira mieux demain !

Reçu ce soir les nouvelles écrites par d'autres participants à l'atelier d'écriture. Deux jeunes collégiens notamment. C'est court, direct et bien mené. Intéressant de voir le genre de vocabulaire et de structure de pensée que peuvent avoir ces enfants, qui aiment lire et écrire.

Je réponds à la maman qu'elle peut aller demander ma nouvelle à la médiathèque, que je ne l'ai pas envoyée aux jeunes parce qu'elle est à caractère érotique.

Relu un texte très important au sujet de la non scolarisation, objet de questions de la part des trentenaires avec lesquels je skiais hier.

ooo

16 mars

aujourd'hui une belle image

Ciel bleu, air doux, enfin on quitte les gros pulls et les manteaux épais !

Sortie en camion pour un entretien sommaire : acheter et mettre de l'huile, et gonfler les pneus. Mes garçons en aide mécano parfaits, appuient sur le bouton de gonflage. Dès que la machine se met à vibrer trop fort ils lâchent tout et reculent de 2 m ! Virée à la médiathèque pour chercher le tome 3 des Enfants d'ailleurs. Lumineux assis par terre qui lit les images et me dit qu'un personnage va mourir. Il observe, mémorise, puis m'explique. J'ai conscience d'être bien plus informée par les mots que par les images quand je lis une BD, surtout à mes enfants. Il faut que je leur explique les codes, car ils vont parfois un peu vite, me demandent ce qui va se passer dans une case du bas alors que je lis celles du haut. Je montre parfois où je lis en écartant les petits doigts curieux. J'essaie de comprendre et donc de mettre le ton dans ma lecture, alors que je la découvre avec eux. Mais je peux leur faire confiance pour m'informer sur les dessins et les détails que je n'ai pas vus. Petits gars collés contre moi, appuyés à mes bras qui tiennent le livre au point que je peux difficilement tourner les pages.

Sur la route ils me demandent la musique : Jimmy Hendrix joue et ils aiment ça ! Maman c'est du bon rock, ça ! Plus fort ! Il flotte comme un air de vacances.

Ajoutons à ça la demande de Lumineux, qui a besoin de sable pour faire combattre ses bionicles, qui vivent sur une île désertique et se battent dans une arène....

dimanche 14 mars 2010

Semaine 10 : VSD

12 mars

aujourd'hui facile facile

Rien de facile dans ma vie, jamais.

Mais je crois que j'ai besoin de batailles pour me sentir exister, pour me pousser, pour aller au-delà du médiocre, pour m'améliorer sans cesse.

Néanmoins et même si ce n'est pas facile facile, je sens que je prends un chemin qui me dit « oui », que j'avance à petits pas vers je ne sais quoi qui me plait.

Pour ce jour : le facile fut cette tarte aux blettes, dont tous les ingrédients me sont tombés sous les mains, improvisée comme à l'habitude. Je ne fais jamais deux fois la même recette. Ni en cuisine ni en cosmétiques.

La virée à la bibliothèque dans laquelle j'ai trouvé des livres de Pascal Dessaint, commencés de suite.

Pour les enfants, j'ai démarré avec eux hier soir la lecture d'une BD nommée Les enfants d'ailleurs, de Nykko et Bannister , et ce soir il fallait vraiment lire le tome 2 . Ce sont des livres de l'excellente collection Punaise, chez Dupuis. Ils ont bien accrochés aussi aux histoires de Sac à puces, dans la même collection.

Je suis surprise par Solaire, 4 ½ ans, qui suit et demande, observe les détails, verbalise ce qu'il voit. Alors que ce petit bonhomme a fait mine pendant longtemps de ne pas s'intéresser aux livres, le voilà qui semble comprendre et suivre des histoires bien au-delà de son âge.

ooo

13 mars

aujourd'hui il a dit

« Tu es la maman la plus belle de tout l'univers et de toute la terre. La maman la plus fantastique et extraordinaire. »

C'est, dans la bouche de Lumineux, à la fois un fond de ce qu'il ressent, cet élan d'amour, et aussi un jeu sur les mots, qu'il savoure et dont il se délecte, dont il se plait à lire dans nos yeux les remous.

Jeux avec l'imaginaire aussi : je suis un enfant spécial, je viens de mars, et je n'arrive pas à débrancher mon cerveau.

ooo

14 mars

aujourd'hui moment de solitude

Seule dans mon camion je suis partie voter. Puis prendre l'autoroute pour aller skier. Le soleil se levait. Les montagnes se dessinaient. J'aime voir les différents plans devant moi, tracer la route et admirer le vert profond devant, le vert moyen derrière, le vert brumeux à l'arrière plan. Le rapace sur la branche. L'architecture qui change. La neige sur la colline au nord. Ecouter une émission de radio sans être interrompue par un enfant, pouvoir laisser mon esprit divaguer, sur la vague des paroles, des accents, des musiques.

Parking. Navette. Louer des skis. Prendre mon forfait. Rejoindre C et M et leurs copains pour skier.

Première descente et sensations retrouvées. M. voit que je le suis : « ça fait du bien de voir qu'il y en a qui suivent !  Ça te dirait de s'échapper tous les deux pour aller faire les noires ? » Allez !

Retour toujours seule. Calme. Centrée.

La paix du grand air et de l'exercice au soleil valait bien 4 h de route.

vendredi 12 mars 2010

Semaine 10 : mercredi et jeudi

10 mars

aujourd'hui sentiment de déjà vécu

Alors voilà... comme je me suis bien amusée à écrire cette nouvelle, et que la chute pose des questions à mes lecteurs.... Et puis comme j'ai vu qu'il y avait un concours de nouvelle sur le thème de la rupture sur ARTE ....

J'ai écrit la suite de la première, qui correspond à la rupture, et explique comment l'histoire s'est terminée.

Et là, mon amie Aigue Marine, à qui je demande de relire, et de me dire si tout semble compréhensible pour un lecteur qui n'a pas lu Retrouvailles.... me dit qu'elle a un sentiment de « déjà vu » et que mes personnages ne semblent pas assez épais.

Bon. Evidemment j'ai écrit ça alors que je connais bien mes personnages, qu'ils sont présents dans mon esprit avec toutes leurs caractéristiques. Et il y a aussi un nombre de signes maximum à respecter.

J'ai donc fait lire cette nouvelle à M., qui vit chez nous pendant sa formation, et qui trouve que c'est bien. Elle a tout compris, les personnages lui semblent corrects.

Allez, je verrais demain ce que je peux rectifier.

ooo

11 mars

aujourd'hui blanc

Pas la neige, non, ça c'était lundi.

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Les yaourts que j'ai fait.

Ou alors le panir hebdomadaire aussi.

La chair blanche du merluchon mangé ce soir.

La page blanche qui ne me fait pas peur. J'ai épaissi les caractères de mes personnages. Et cela marche d'autant mieux. Au point que l'une de mes lectrices me reconnaît dans la femme, reconnaît mon compagnon dans l'un des deux hommes. Mais ce n'est pas si simple ! Si j'ai mis de moi, de nous, j'ai aussi mis d'autres personnes que je connaissais. Je me reconnais aussi dans certains traits des personnages masculins.

« L'imagination consiste à expulser de la réalité plusieurs personnes incomplètes pour, mettant à contribution les puissances magiques et subversives du désir, obtenir leur retour sous la forme d'une présence entièrement satisfaisante. C'est alors l'inextinguible réel incréé « disait René Char.

Je commence à me rendre compte, à toucher du doigt, à expérimenter, la façon dont je peux le faire, moi. Je sens la puissance, la force que cela me donne. Cela coule dans mes veines. Cela se ramifie, me tend, m'irrigue. Cette énergie est comparable à l'énergie sexuelle sublimée.

Blanc. On y revient.

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