Parchemins Instantanés

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mercredi 11 juin 2014

Descente d'escalier

  • Il m'arrive de choisir des CD à la médiathèque juste parce que la photo de couverture m'a plu (dans le rayon jazz, blues, musique du monde quand même, hein, faut pas non plus me renier entièrement !). Et là c'est juste parfaitement adéquat, sympathique et en accord avec le rendu photo. Il s'agit de Carolina Chocolate Drops
  • Hier, j'étais sur ma boite gmail à 12h25. L'heure m'importait peu mais elle a pris de l'importance par la suite. Je venais de relever mes mails sur ma boite yahoo, et d'enregistrer les photos envoyées par une copine grimpeuse : des photos de ce superbe week end d'escalade en Espagne, par 35°.

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Le premier message est donc arrivé à 12h25 "votre mot de passe yahoo a été changé".

Le second est arrivé à 12h26 "vos 3 questions secrètes ont été changées"

Le troisième est tombé à 12h27 "votre compte est résilié"

Comme disent mes enfants : what the fuck ? Ou encore saperlipopette! cornebidouille et tutti quanti !

Voilà comment on se fait pirater en direct !

J'ai immédiatement changé mes identifiants sur le site amazon, qui a un système assez faible et dont je sais pertinemment qu'on peut se méfier. Et averti quelques'uns de mes contacts, repêchés sur mon smartphone (vive ces petites bêtes bien pratiques!). J'ai aussi expliqué la situation sur un statut facebook.

Et ce matin avant 8h mon téléphone fixe sonnait : une personne de mes contacts venait aux nouvelles, elle avait reçu un mail du pirate, qui demandait de l'aide....et/ou de l'argent. Je n'ai jamais autant parlé au téléphone qu'aujourd'hui. Mieux que le jour de mon anniversaire !

ça me donne l'occasion d'avoir des nouvelles de personnes que je n'ai pas contactées depuis longtemps. De sentir que des gens qui sont parfois de simples relations (amapiens, connaissances au gré des vents) ont envie de me venir en aide si jamais il m'arrive un pépin. ça fait chaud au coeur. Et moi qui ne suis pas une fondue du téléphone, qui appelle peu en fait, par peur de gêner, de déranger, de tomber mal à propos, parce que je ne sais pas quoi dire la plupart du temps, je me suis surprise à sentir la vraie chaleur de la voie amie qui s'inquiète. ça m'a permis d'avoir des nouvelles, de discuter le bout de gras et de renouer des contacts lointains. J'ai par exemple saisi l'occasion pour dire à une personne que j'avais pris en photo "mais tu m'avais parlé d'un bouquin de Gaston Criel sur le jazz que tu voulais me prêter, ça tient toujours ?" Oui oui , tu peux passer ! Et de me retrouver dans une cuisine entre 15h et 16h pour parler de littérature, de théâtre et de photo, avec une personne quasi inconnue, rencontrée deux fois. Et de repartir avec le bouquin précieux en question. Journée faste, de promenade, lecture, et bavardage. J'ai bien tenté de porter plainte mais le commissariat m'a dit qu'on ne peut pas dans ce cas : il suffit de fermer le compte. Pas la peine : c'est déjà fait ! Alors je jubile, de cette légèreté apportée par l'élimination fortuite et organisée de ces quelques milliers de mails qui m'encombraient en fait.

  • Sinon : ben le fait d'avoir pris une décision, et de l'avoir mûrie au soleil, est parfaitement grandiose. Le fait d'avoir bien compris que je me rechargeais dans la nature, sous le soleil, dans l'activité physique, dans les paysages, me donne une énergie du tonnerre.

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jeudi 29 mai 2014

Slow cosmétique ou ascendance provinciale ?

Fainéantise ou pragmatisme ?

Retour au naturel ou laisser-aller ?

Je penche plutôt pour du lâcher prise. Et de la simplicité volontaire.

Il est loin le temps où je pestais contre moi-même quand j’avais oublié de remettre du déodorant sous mes aisselles après la douche, avant de sortir à 20h ! Il me semblait que c’était inconvenant, j’avais l’impression qu’il me manquait une protection avant d’affronter les autres, que je risquais de les gêner de mes odeurs corporelles. Jusqu’à ce qu’un copain me dise « Mais tu viens de te laver ? ça ira très bien comme ça ! »

Quelques étés plus tard j’ai humé dans un bureau l’odeur délicieuse et en aucun cas dérangeante de la sueur d’un homme. Me faisant la réflexion que les odeurs d’aisselle n’étaient pas toujours repoussantes, et que les phéromones alors fonctionnaient à plein. Cela m’a renvoyé à l’odeur de cumin, ou de soupe de légumes, qu’exhalaient les aisselles de ma mère dans mon enfance. Remplacée plus tard par la même odeur que tout le monde : celle du déodorant vanté par la dernière publicité à la mode : en vaporisateur, en stick, en roll on, parfumé aux fragrances synthétiques dans l’air du temps. Cela ne ressemblait pas à ma mère, mais elle a succombé comme les autres. Car ma mère ne portait pas (et ne porte toujours pas) de parfums, ni de bijoux, ni de maquillage. Elle a toujours été nature.

C’est auprès de sa sœur, ma marraine, que j’ai découvert tous ces accessoires féminins. C’est ma tante qui m’a offert ses fonds de rouge à lèvre et de vernis à ongles, rouges, aux alentours de mes 12ans. J’ai donc pu moi aussi tester les couleurs sur mes ongles, juste pour voir, et sans doute j’ai commencé à 13 ans pour arrêter à 13 ans ½ tellement cela ne me ressemblait pas. Inutile de se grimer pour aller faire du vélo, grimper aux arbres ou jouer au foot avec les copains.

J’ai dû commencer à me maquiller vers 15 ou 16ans, uniquement les yeux. Et à 17ans j’avais mis en place un protocole qui me convenait et auquel je suis fidèle depuis lors. Du crayon noir à l’intérieur des yeux, même avec les lentilles, un léger trait sur le bord inférieur à l’extérieur pour arrondir et agrandir l’œil, un trait sur le dessus, un peu de fard à paupière dont les couleurs ont été choisies à cette époque pour faire ressortir la couleur de mon iris sur le teint de ma peau. Pour finir un peu de mascara noir. Et c’est tout. La seule chose qui a changé c’est la marque de mes produits : depuis plus de 10 ans ils sont bios.

Petit à petit, je réfléchis, me questionne, remets en question et élimine.

C’est ainsi que mes rituels de toilette doivent être applicables partout : dans une salle de bain confortable aussi bien qu’en train, en camping car, ou en refuge.

J’ai donc besoin de savon (celui que je fais) plutôt que du gel douche. Même si j’en ai encore un petit flacon dans la trousse de toilette, pour pouvoir me laver les mains n’importe où si j’ai besoin de mettre ou enlever mes lentilles. Et comme je n’ai pas envie d’en promener plusieurs j’en ai fait un qui est aussi un shampooing. Polyvalence.

Pour me réveiller j’utilise de l’hydrolat de fleur d’oranger. J’hydrate mon visage avec un mélange d’huiles et quelques huiles essentielles. En flacon pompe au bord du lavabo, en roll on dans la trousse de toilette.

Mon déodorant est fait maison, en contenant de 15ml pour la trousse de toilette, en plus grand pour la salle de bain. Je sais que je peux m’en passer si je n’en ai pas (voir la méthode grattounette chez Venezia). Ou bien utiliser un bloc d’alun. J’ai analysé que ma sueur sent mauvais lorsque je stresse. Mais je ne résiste pas au plaisir de fabriquer et de parfumer mon déodorant.

Parfum bien évidemment composé d’huiles essentielles. Moins complexe que mon parfum fait maison. C’est ma signature olfactive.

Si je veux hydrater mon corps j’utilise du monoï, ou de l’huile de coco (qui sert aussi bien en cuisine qu’en cosmétique).

Depuis le début de l’année, si je fabrique toujours du savon shampooing, je pratique le no-poo, c'est-à-dire le « sans shampooing ». Celle qui a popularisé cette expérience est Antigone XXI qui a expliqué comment commencer, avec un protocole assez ouvert et une motivation à la simplicité. Son article Comment j’ai arrêté de me laver les cheveux est une bonne base.

Il existe maintenant un groupe facebook qui aide les nouveaux (essentiellement des nouvelles) dans le processus. Comme tout groupe il y a des redites, des questions récurrentes et des hors sujets sympathiques : à propos des protections périodiques, des moyens de contraception, de l’épilation notamment.

vendredi 18 avril 2014

Danse

Mesurer la qualité d'un spectacle à la dose d'énergie ressentie après.

La musique produit une énergie plus ample, qui se déroule et enveloppe, qui peut cristalliser et durcir, terminer abruptement aussi.

La danse laisse planer des questions, des traînées de brume. Quelque chose qu'on aurait sensiblement perçu sans pouvoir le nommer, des concepts mis en ondes, des thèmes ébauchés et déconstruits. Une perception dans le mouvement et le temps.

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Ensuite, c'est le rire d'après la concentration, les remerciements et la joie durable. Le son de la voix après les torsions et déploiements du corps.

Alors, dans la nuit de fatigue, le cerveau déconnecté du corps, je peux écrire sans barguigner tous les mots qui me viennent. Parce qu'ils sont dorénavant le prolongement, qui m'échappe à jamais, de sensations ressenties et nommées par d'autres, le chagrin et le cristal de sonorités implicites parfaitement inaudibles par d'autres que moi. Pourtant visibles par tous.

mardi 15 avril 2014

Femme en cheveux

Hier j'ai demandé à mes enfants si je refaisais un henné ou si je laissais mes cheveux devenir blancs.

J'ai toujours utilisé du henné, depuis mes 17 ans. Baba cool, hippie, et bio depuis plus de 20 ans. On ne se refait pas. Mes enfants m'ont donc toujours connue auburn. La couleur me plaît, elle adouci mes traits, mais surtout l'effet gainant et fortifiant.

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L'aîné (10 ans) a spontanément, et avec force, m'attirant vers lui pour m'embrasser, dit que je devais les laisser blancs. J'avais l'impression qu'il voyait mon statut d'ancienne et le louait.

Au contraire, le cadet et son père voulaient que je refasse un henné.

Sauf que le plus jeune a d'abord dit « blancs » avant de se raviser quand son père a parlé.

De toute manière ma décision était déjà prise.

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L'an dernier j'ai rêvé que mes cheveux étaient blancs des racines jusqu'à mi-longueur (je les porte sous les omoplates). C'était pour moi le signe que j'accédais au statut d'Ancienne. Je rejoignais mes amies. Même si certaines se teignent, ont encore besoin de cette carapace.

J'ai fait le dernier le 2 janvier, juste avant de rejoindre une bande de femmes pour fêter l'anniversaire d'une jeune de 45ans.

La veille, le 1er, j'avais fêté seule mes lunes , en peignant avec le sang. Je voulais profiter de cette matière, la toucher, la travailler, la célébrer. Parce que j'étais encore pleinement femme (et fertile) mais vraisemblablement une des dernières fois. Pour laisser partir. Car le moment est à la fois solennel, personnel, et particulièrement fort.

Je suis passée du statut de femme sans enfant, puis mère, et femme ménopausée, en 10 ans.

Si je me suis sentie à cheval sur les deux statuts il y a 4 ou 5 ans, je sens maintenant que j'entre dans le clan des Nopoko (les femmes ménopausées). Les Anciennes. Les grands-mères.

Pour faire le lien entre les vivants et les morts. Les pères et les fils. Relier un monde à l'autre.

Etre un pivot du temps ?

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