Parchemins Instantanés

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lundi 8 décembre 2014

Questions avec surréalisme

C’est l’hiver.

Froid, intérieur. Envie d’écrire.

Entrée en nomadisme.

Force de savoir que je peux braver le froid. Avec d’autres. Me mettre en tenue d’été et pieds nus dans la boue par 2° la nuit, et attendre dans l’antre, la chaleur des pierres. Reliée à ce cercle, présente à la nature et au monde. Ancrée. Laisser couler ces ondes de joie, cette force partagée. Douceur, intensité, détermination, évidence. Amitié, respect, compréhension, tissage. Regards.

Donc savoir que ce froid, qui me fait trembler de l’intérieur, parce que l’été s’est terminé fin octobre lors de ma dernière baignade dans l’océan, l’été qui n’avait pas vraiment eu lieu en juillet ni en août, s’est prolongé jusqu’à mi novembre même ! a laissé très abruptement place à l’hiver froid et claquant des dents.

M’en fout, c’est une phase de transition dans ma vie. La météo me fait juste sentir le passage.

Jusqu’au bout j’ai gardé les sandales et débardeurs. Pour les superposer aux pulls et doudounes.

Je dois entrer en moi maintenant. Et savoir ce qui me fait vibrer. Le plus.

Ecrire. L’hiver surtout. Des heures, des jours. Des textes de l’intérieur, du vrai, des tripes. Où l’on entend la musique en mouvement.

Besoin aussi de bouger, créer de mes mains. Des savons, des cosmétiques, des plats et coetera.

Faire des photos ? Photographier ? Cadrer, composer, me poser des questions. Pas les bonnes. Trouver comment m’améliorer, un cours. Ou bien arrêter. Trop classique. Trop d’images dans cette société. Les miennes, qui montrent (peut-être, à ce qu’on me dit) les émotions, le mouvement. Ni artistiques et léchées, ni simplement ( ?!) instantanées, de rue. Faussement simples. Poésie de l’instant. Comme j’aimais mon Ricoh GRD et ses noirs et blancs un peu crasseux, son objectif surtout que je connaissais jusqu’aux moindre quatre coins et utilisais en camion, on the road, dans la rue ! dans la rue, à portée d'interrogation de tout être humain lancé sur une grande chimère ou (pourquoi ne pas le reconnaître?) de celle qui tombait parfois, parce qu'enfin d'autres s'étaient vus autorisés à lui adresser la parole, n'avaient su voir en elle que la plus pauvre de toutes les femmes et de toutes la plus mal défendue ? …dirait André Breton

Tu as changé, toi aussi. Oh que oui ! Résurrection !

mercredi 26 novembre 2014

Free jump

J’étais sur la plateforme, plusieurs mètres au-dessus du grand coussin gonflé sur lequel je devais sauter, après mes deux garçons. Je me suis avancée, j’ai senti l’air, donné les ordres nécessaires à mon corps. Et j’ai sauté. On n’entend rien quand on s’enfonce dans l’air emprisonné, il étouffe tout.

C’est plus tard, en m’éloignant, que j’ai entendu le claquement que produisent les corps en tombant. Et il y avait aussi les encouragements du public plus loin.

Mes copains grimpeurs, depuis la falaise, voyaient le spectacle. Ils m’ont dit qu’ils avaient criés quand j’ai sauté. Et G a observé « tu n’as pas hésité longtemps quand tu as sauté ».

C’est exactement ça.

Une fois que ma décision est mûrement réfléchie, que je sais que mon corps est mon allié, j’y vais.

C’est ce que j’ai fait.

J’ai sauté dans la précarité. Dans l’inconnu. Je vais vers la renaissance. Et pour l’instant je me laisse porter par les vagues, sans lutter. Ma ligne de mire calée.

Je maintiens mes heures de sport pendant lesquelles j’oublie tout.

Je prends les bons moments où je suis.

J’entends les encouragements et j’évite les personnes négatives.

Je considère et je soupèse. Je tremble en dedans. On me dit que je suis courageuse. Que j’ai de l’or dans les doigts et le cerveau.

J’attends de pouvoir recouvrer toutes mes facultés pour créer mieux.

Je sais que je suis portée. Dans le vrai.

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jeudi 23 octobre 2014

Nouvelle lune d'octobre

Quelle est l’influence de la lune, des astres, dans ma course vers moi ?

Ce soir mes petits loups blessés contre moi cherchant réconfort et le confort, le savoir de notre secret, de leur confiance en ma force. Leur base effritée mais néanmoins ils cherchent à comprendre et regarder, se projettent.

Hier la parole déclenchante, grave et forte, pas du tout larmoyante. Les bras les lèvres qui accueillent et gardent, l’écoute calme. J’ai assuré, rassuré, sans lésiner sur les incertitudes, sans faux fuyants cependant.

Il a cherché à culpabiliser, est resté la victime de ce qu’il a entraîné.

Aujourd’hui symbolique fut cette perte de roue de secours. Et ma recherche immédiate de solutions.

Et ce soir le réconfort de l’écoute pour moi : les amis qui comprennent et soutiennent. Offrent des solutions. Appuis sûrs.

Ça y est. J’y vais.

Les images affluent.

Renard blessé, patte rognée. Mais vivant. Il me suit. Me précède. Comme cette chouette. Et ces chats qui me parlent, cherchent les caresses, se frottent.

Dans la dentelle des zentangles, les motifs s’entrecroisent. Et les naissances s’annoncent. Je vais préparer des Blessingways pour le printemps. Quand je serais installée dans ma nouvelle vie. En attendant : action!

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Je dois passer par les étapes entremêlées, joie et puissance même si douleur et tristesse.

jeudi 9 octobre 2014

Indi en octobre

Il y a eu le samedi de la hutte, où je me suis sentie présente, où l’on m’a dit que j’étais rayonnante et centrée, que j’étais la nouvelle Lyjazz, celle que l’on attendait. Cette harmonie et ce calme, cette douceur dans la chaleur moite. Puis la pluie froide et notre retour mouillé, sans l’exaltation habituelle. Mais chaque hutte est différente.

Le dimanche où j’ai pu exprimer ce que j’avais ressenti, en écho aux autres participants, un jeune chat sur les genoux, dans l’air doux de cet automne encore chaud, aux lumières mordorées.

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Il y a ma détermination à voir, avec détachement. A dire, avec justesse les faits, rien que les faits. Débusquer les comportements et les pointer.

En regard de mes interrogations sur les réponses à donner aux enfants.

J’ai vécu un mercredi au soleil, dans les températures d’été, la sueur que j’aime, mes pas légers dans les sandales sur les rochers du gave. Porter le kayak qui me dégouline sur l’épaule, sentir la vase. Encourager mon solaire encore hésitant. Toujours soufflée de la force de Lumineux, son assurance dans le tir à l’arc.

Et puis la fin de journée qui m’apporte un nouvel éclairage sur la conduite à tenir.

Enfin, aujourd’hui, soleil caché, pluie revenue en crachin gris délavant triste. Mais réveillée tôt, le ressort qui me tient malgré le manque de sommeil chronique.

Quand tu te sens comme Indiana Jones en quête du Graal, faisant retour sur le chemin déjà parcouru avec l'impression de la cohérence, dans l'idée d'une puissance établie, et que tu regardes devant, loin d'abord pour viser ce que tu cherches, près ensuite pour mettre un pied devant l'autre délicatement, et que tu cherches tes mots, sachant que les poser sera le gage d'un bon démarrage de cette prochaine page de ta vie. "Le pénitent le passe, le pénitent le passe..."

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