Parchemins Instantanés

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samedi 4 juillet 2015

Lâcher

Je me fais rare ici.

Comme si le concept de blog était pour moi juste un amusement, un jeu, une légèreté que je ne me permets pas en ce moment.

Pas l’esprit à ça. Des questions moulinent dans ma tête.

D’importance : l’équilibre entre mon éthique d’éducation et la manière dont je vais pouvoir composer avec une scolarisation forcée ; l’équilibre entre sa façon de parler (ou plutôt de se taire) et comment je dois lui faire comprendre que le rôle de père n’est pas seulement de partager des bons moments ; l’équilibre entre l’inquiétude de mes parents et mes projets (dont personne n’a rien à cirer tellement ils veulent que j’entre dans le moule) ; l’équilibre entre toutes ces années à cogiter, organiser, planifier, observer, tenir à bout de bras, et la perspective actuelle : tout lâcher.

Et mon Solaire qui est mal : déprimé, agressif, en surpoids, hypersensible, se mésestime, prends de plein fouet la situation, avec de longues périodes de « non ! » à tout. Et ce n’est pas exactement la même chose de supporter le « non » d’un enfant de 2 ans et celui d’un quasi 10 ans de quasi mon poids. Je dois déployer des trésors d’ingéniosité et de lâcher prise pour contourner le problème, observer, être ferme, mais douce, marrante, mais sérieuse. Je dois aussi puiser dans mes réserves de force pour sortir, bouger, avec assez de persuasion pour l’entraîner, sinon il serait toute la journée assis ou allongé, ce qui, associé à sa gourmandise, ferait une addition trop lourde. Donc je cuisine en faisant gaffe, aussi.

Ajoutons mon beau camion, mon bureau ambulant, ma chambre secrète par tous les temps, ma cachette pendant si longtemps, le chut-miamiam de mes enfants, qui vient de rendre l’âme (ou plutôt le moteur). Bien sûr je pourrais changer le moteur (et l’embrayage, la distribution), et il repartirait pour 300000km. Mais je n’ai pas d’argent. Wait and see.

Oui, je dois lâcher. Tomber sous le seuil de pauvreté. Perdre mon véhicule qui était davantage qu’un moyen de locomotion. Devoir faire le deuil de l’IEF de cette façon-là (sans discussion, unilatéralement). Je savais que cette décision comportait des risques. Je les prends à bras le corps. J’y ai déjà pensé bien souvent. Je crois que je dois me laisser tomber au fond pour remonter.

Mais en ce moment, impossible de voir la légèreté, la poésie. Je garde des forces pour avancer, me maintenir en forme malgré un sommeil haché, trop court, j’ai continué mes activités : escalade, aïkido, jusqu’à la semaine dernière. Je pense les maintenir l’an prochain aussi. Je vis au jour le jour et je prends soin de mes garçons. Je sais que c’était la bonne solution.

Je suis bien entourée, j’ai plusieurs réseaux, je suis aidée. Prochaine date importante : le 21 juillet avec les conclusions de la non-conciliation.

Et surtout : il y a du beau partout ! Dans les paysages, les lectures, les projets miens et ceux des uns et des autres, la façon dont mes enfants grandissent, les câlins de mon chat, les coups à boire avec les copains. La nature me ressource. Et ces naissances autour de moi : 4 bébés entre avril et maintenant ! Dont une petite qui est devenue ma filleule. C’est toujours un plaisir d’être en contact avec ces jeunes mamans. J’apprécie de pouvoir me souvenir de ces moments en les observant et partager mon expérience, à la fois en tant qu’ancienne, et en tant que maman assez jeune. C’est une chouette expérience d’être à la frontière des deux !

samedi 13 juin 2015

Atypik qui pique

Là je n'écris pas. Je fais lire.

C'est long. Parfois il y a trop de fautes à mon goût. Mais l'exaltation, les descriptions, c'est tout bon.

C'est comme se retrouver enfin dans la bonne peau, comme s'étirer et se sentir vivante, se secouer pour faire tomber l'eau.

Pour ensuite repartir vers une autre aventure.

Il s'agit d'un billet sur un blog de coach/thérapeute, qui, en faisant abstraction de tout l'aspect commercial (que chacun est libre d'apprécier selon ses besoins), est une mise en perspective de l'aspect de couple dont un membre est surdoué, zèbre (on dit aussi haut potentiel, entre autres expressions).

Voilà le lien : coachplanet

vendredi 12 juin 2015

April in Paris

Avec deux mois de retard...

Prise avec Lumia Selfie

Comme je disais chez Gilsoub. J'avais besoin d'être dans le concret. Mes forces étaient occupées à se battre, faire face, comme dans un jeu électronique où des objets arrivent sur soi à toute vitesse : il s'agit de les éviter, esquiver.

Puis, comme en aïkido (j'apprends) déséquilibrer l'adversaire. En même temps je me ressourçais à mes aides habituelles : escalade, aïkido, écriture (souvent dans le silence de la nuit), huttes de sudation, amis.

Ce qui implique manque de sommeil chronique.

Depuis début mars il est parti. Soulagement. Respiration. Et aussi grand élan de création, mise en ordre. Je n'ai pas arrêté.

Je passe sur les déboires judiciaires, les éléments administratifs, la colère et l'infantilisation.

Ça permet de voir plus clair.

Je ne passerais pas sur l'attitude qui consiste à manipuler, tenter de diriger tout de l'extérieur sans s'impliquer ni assumer. C'est parfaitement contraire à mon sens de la parole et de la justice.

J'ai su, le temps de savourer l'idée, que j'allais vivre ma première semaine de solitude depuis plus de 11 ans. J'avais le choix : faire face à mon bazar et tout ranger, me reposer dans ma tanière.

Ou bien partir.

Le samedi j'étais encore indécise. Et en écoutant un ami me parler de son prochain départ pour la Nouvelle Orléans, j'ai eu envie de voyager.

J'ai trouvé à 22h30 un covoiturage pour le lendemain 9h. Fait mon sac à dos. À peine préparé un planning. Cherché un lit, en vain.

C'est le lendemain, sur la route, qu'une amie m'a trouvé un logement. Pile pour dire à mon chauffeur où me déposer à Paris.

J'avais donc trois amies à voir brièvement, toutes les trois occupées à la capitale. Deux étant de passage.

J'ai pris contact et proposé à Gilsoub de se rencontrer : autant que l'internet se transforme en réalité concrète. Rendez-vous fut pris, à notre grand plaisir pour confirmer la sympathie.

J'ai donc pris un bain de métro, rapidité, bruit, j'ai pu pratiquer l'observation d'humain, l'orientation (pas encore fluide pour moi les transports ni le temps nécessaire aux déplacements. Forcément : 4 jours par an environ, ce n'est pas suffisant pour s'adapter en souplesse.

Cette fois pas d'expo ni de musée. Seulement des promenades pour assouvir ma curiosité. Des confirmations. Celle de la réactivité du labo Picto : le lundi, comme je n'avais pas internet j'ai appelé pour demander si mes photos étaient faisables en deux jours. « si vous venez on met à votre disposition un ordinateur et vous pouvez les commander online » Ce que j'ai fait (premier contact avec un mac). L'atelier a suivi : j'ai eu mes photos le mercredi (ça m'évitait de payer des frais de port).

J'ai expérimenté le comble pour une fille du sud ouest : entrer dans la boutique Lindt de Paris Opéra, alors que j'habite à 40km de l'usine Lindt... Prise avec Lumia Selfie

J'ai passé deux nuits dans un cabinet de psy, entourée de tout Freud (au moins !) et le premier bouquin sur lequel j'ai posé les yeux était Divorce mode d'emploi. J'ai pu écouter du jazz au débotté dans un coin improbable, et revoir des amis de façon impromptue et inespérée : S venait de Montpellier, P et O partaient la semaine suivante pour 4 mois de voyage, je n'étais ni prévue ni annoncée. Et c'était bien bon de se sentir si vivante dans cette musique.

Et j’en ai profité pour rencontrer des covoitureurs sympathiques qui m’ont menée à bon port.

Prise avec Lumia Selfie

lundi 8 décembre 2014

Questions avec surréalisme

C’est l’hiver.

Froid, intérieur. Envie d’écrire.

Entrée en nomadisme.

Force de savoir que je peux braver le froid. Avec d’autres. Me mettre en tenue d’été et pieds nus dans la boue par 2° la nuit, et attendre dans l’antre, la chaleur des pierres. Reliée à ce cercle, présente à la nature et au monde. Ancrée. Laisser couler ces ondes de joie, cette force partagée. Douceur, intensité, détermination, évidence. Amitié, respect, compréhension, tissage. Regards.

Donc savoir que ce froid, qui me fait trembler de l’intérieur, parce que l’été s’est terminé fin octobre lors de ma dernière baignade dans l’océan, l’été qui n’avait pas vraiment eu lieu en juillet ni en août, s’est prolongé jusqu’à mi novembre même ! a laissé très abruptement place à l’hiver froid et claquant des dents.

M’en fout, c’est une phase de transition dans ma vie. La météo me fait juste sentir le passage.

Jusqu’au bout j’ai gardé les sandales et débardeurs. Pour les superposer aux pulls et doudounes.

Je dois entrer en moi maintenant. Et savoir ce qui me fait vibrer. Le plus.

Ecrire. L’hiver surtout. Des heures, des jours. Des textes de l’intérieur, du vrai, des tripes. Où l’on entend la musique en mouvement.

Besoin aussi de bouger, créer de mes mains. Des savons, des cosmétiques, des plats et coetera.

Faire des photos ? Photographier ? Cadrer, composer, me poser des questions. Pas les bonnes. Trouver comment m’améliorer, un cours. Ou bien arrêter. Trop classique. Trop d’images dans cette société. Les miennes, qui montrent (peut-être, à ce qu’on me dit) les émotions, le mouvement. Ni artistiques et léchées, ni simplement ( ?!) instantanées, de rue. Faussement simples. Poésie de l’instant. Comme j’aimais mon Ricoh GRD et ses noirs et blancs un peu crasseux, son objectif surtout que je connaissais jusqu’aux moindre quatre coins et utilisais en camion, on the road, dans la rue ! dans la rue, à portée d'interrogation de tout être humain lancé sur une grande chimère ou (pourquoi ne pas le reconnaître?) de celle qui tombait parfois, parce qu'enfin d'autres s'étaient vus autorisés à lui adresser la parole, n'avaient su voir en elle que la plus pauvre de toutes les femmes et de toutes la plus mal défendue ? …dirait André Breton

Tu as changé, toi aussi. Oh que oui ! Résurrection !

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