Complexité de la pensée.
Sinusoïde luxuriante et fuyante, lignes d’adn qui jamais ne se rejoignent.

Je pense à ce mal au ventre de mon garçon et je le trouve normal, au vu de ce qu’il a mangé ce soir.
Je relis un passage de Chère Ella, élégie pour Ella Maillart, d’Anne Deriaz. Je recopie des citations dans Babelio, la 4ème de couverture, une critique. Je replonge dans ce livre qui me prend aux tripes. Envie de revoir, d’entendre Ella Maillart. Mais je ne me lève pas pour aller chercher le DVD Entretiens avec Ella Maillart.
Au lieu de ça, je charge des photos sur mon ordinateur, et j’ai bien envie de les classer en écoutant de la musique.
Ah, il fallait que je m’inscrive et que je télécharge Spotify. Ok, fait. Mais comment ça fonctionne ? Par ici une radio ? J’essaye Adèle. Très belle voix, profonde. Mais chanson calibrée, qui racole les émotions, qui tire vers le plus facile. Aucune complexité. Deuxième chanson : berk ! Bah, un essai pour rien. Retournons aux valeurs sûres : Little Red Moon par Archie Shepp. Voilà l’essence de la complexité des émotions, de l’âme, du moment et du temps. De la vraie musique qui ne cherche pas à étaler son sirop, à appâter le chaland, non, qui dit les tripes, les déboires, les douleurs, les peurs, la vie d’en-dessous et celle que l’on montre quand on est fatigué. Pas les lumières mais l’ombre et le gris, la profondeur des sentiments, les cris et les feulements, les paroles dites et de suite regrettées. La colère et la tristesse.
Et de suite les mots viennent. Pas de galop d’essai. Juste le rythme qui fait couler les phrases.
J’écris dans les replis des instruments. Dans les notes et l’histoire décrite par ce que je sens. Je vois les musiciens sur la scène.
Tellement d’heures passées sous la scène, sous les spots, à écrire, à photographier, directement dans les vibrations.

Et quand elle s’arrête, ce sentiment d’entendre de nouveau mes battements de cœur, de les voir s’écrire dans l’air et suivre ce qui reste des vibrations de la musique.
Le jazz est une musique vivante. Qui dit la vie, la vraie, la tatouée… qui s’écoute dans la solitude, dans la communion du public, dans ses silences même.


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