Parchemins Instantanés

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vendredi 3 septembre 2010

Semaine 35 : mercredi et jeudi

1er septembre

Aujourd’hui animal

Celui qui partage ma vie, mon lit, ma douce couverture en laine, mon clavier, mon tabouret, mes fauteuils, ma table et mon évier, mon camion en vacances….

Ma chatte.

Autrement appelée la panthère-qui-n’a-qu’un-œil, ma belle, ma douce, ma jolie-jolie, ma ronronneuse.

C’est Tisha.

Quintessence de l’animal de compagnie que d’aucuns nomment un chat-chien parce qu’elle me suit partout. C’est elle qui vient me chercher dans les sanitaires des campings le soir. A elle que je signale que l’on repart après les arrêts sur la route : elle remonte dans sa caisse et je redémarre. Elle me suit dans l’escalier pour sortir, bien entendu elle répond à son nom. Elle sait parfaitement nous dire qu’elle veut sortir, des croquettes, boire au lavabo ou à l’évier, que sa litière est sale.

A moi elle vient pétrir le ventre le matin pour que je me lève, à moi elle vient frotter son museau contre mon nez en ronronnant : c’est un privilège. Elle s’installe devant moi en ronronnant, en mal d’amour et de câlins, me regarde amoureusement et ferme à demi son œil unique. C’est une déclaration.

Ce qui ne l’empêche pas de me labourer le bras de ses griffes et de mordre sauvagement quand j’ai le malheur de lui toucher le ventre. C’est un chat, ne l’oublions pas.

Mais handicapée, craintive, qui est de plus en plus sensible à certains sons qui la rendent mauvaise : elle fonce alors, même sur les enfants, tellement elle a mal aux oreilles. Je vois qu’elle peine à savoir où est le filet d’eau quand elle boit au robinet, qu’elle ne distingue pas la surface de l’eau dans un bol blanc. Elle chasse moins, mais nous a quand même ramené un mulot au dernier camping.

Elle vieillit et reste de plus en plus souvent seule toute la journée roulée en boule dans un coin tranquille. Ressemblant de loin à une image de chat paisible.

Jusqu’à un départ fulgurant …

--ooo—

2 septembre

Aujourd’hui emballage

Des sandwiches dans un sac papier blanc de boulangerie, des fruits dans un sac papier brun de l’épicerie bio : récup.

Mes garçons partaient avec leur père retrouver d’autres enfants au bord d’un lac. La rentrée pour nous, était un jour de jeux avec les copains. Sifflotons en l’air.

Sacs en tissus pour les courses impromptues. Paniers de jute ou de plastique recyclé, toujours dans le véhicule et prêts à servir.

Un filet noir qui nous sert à partir à la douche en camping : on y met vêtements propre, serviette, trousse de toilette à l’aller, vêtements sales au retour. Lors de ma douche de 2h (voire plus tard) j’y mets aussi ma lampe frontale, mes lunettes….

J’utilise aussi les sacs vendus en boules à l’enseigne sportive bien connue (D), très pratiques à promener accrochées au sac à main et qui ont une bonne contenance. Je les ai testés récemment en sac à dos en mettant mes bras dans les anses : pas très confortable, mais pour une courte distance en vélo, c’est efficace !

Enveloppes format commercial que je récupère et réutilise, comme les enveloppes bulle.

Les cartons de colis font des boites de rangement adaptées à pas mal d’étagères.

J’emballe mes cadeaux dans des papiers récupérés, je décore avec rubans récupérés, raphia.

En attendant de faire des furoshiki un jour.

Moi j’aime bien m’emballer les soirs frileux dans mon châle afghan, large et long, léger et chaud. L’été il vient parfaire mes tenues aux chemises de soie.

mardi 31 août 2010

Semaine 35 : lundi et mardi

30 août

Aujourd’hui les toilettes

Selon 2 axes :

  • les gogues, goguenots, latrines, commodités, lieux, lavabos, cabinets, autrement appelés WC….

Les miens sont carrelés de noir, peints de jaune sur les murs, assez vastes pour intégrer des étagères de livres, et aussi un sac de patates et un autre d’oignons. Parce que c’est le lieu le plus frais de l’appartement l’hiver, lorsque le chauffage tourne, et que les patates germent.

Ils ne sont malheureusement pas plus écolo que leur chasse à deux débits. J’ai longtemps réfléchi à les transformer en toilettes sèches (à litière), mais le problème de l’évacuation (en nocturne ? et où ?) de la sciure, m’a semblé trop complexe (et proprement irréalisable à Humain, mais bon).

Et je ne parle pas de leur nettoyage, très fréquent pour cause de 2 petits garçons qui font des expériences de visée, parfois approximatives. Surtout l’un des deux, doté d’un appendice qui vise vers le haut, avec un jet puissant qu’il peine à maîtriser parfois….

Visiteurs de passage, si vous trouvez les lieux un peu humides, voici le mode d’emploi. Sur l’étagère en face de vous, vous trouverez un flacon vapo de produit nettoyant. A votre gauche un sac de lingettes éponges. Vaporisez. Essuyez. Reposez la lingette salie sur l’étagère (m’en occuperai à mon prochain passage). Merci.

  • celles que l’on change au gré de la météo, de ses humeurs, des contraintes liées à nos déplacements.

Petits hauts de fille parfois. Tee shirts simples souvent. Couleurs et chaussures assorties parfois. Mais il ne faut pas me pousser beaucoup pour que je reprenne un look sport et des tenues pratiques, avec peu de fioritures. Pourtant il parait que j’ai un style. Et d’aucuns en me voyant me demandent si je reviens d’Inde….

--ooo—

31 août

Aujourd’hui le territoire de

Ma ville. Investi de manière différente lorsque je rencontre un vieux monsieur qui vient de couper du bambou derrière le bâtiment. Il raconte qu’on peut tout faire avec ce matériau. Je renchéris : oui, nous sommes dans une société du « tout fait, ya ka HT ». Son truc à lui c’est qu’il veut montrer aux jeunes, et aux enfants, comment on peut faire avec presque rien.

C’est un illuminé -c’est du 2nd degré, en fait c’est un vieil homme aux cheveux blancs et barbe blanche, chemise et pantalon en couleurs- comme je les aime, qui n’hésite pas à expliquer sa démarche, son humanité, ses trouvailles, et veut transmettre. C’est donc un homme authentique. Qui inspire le respect pour peu qu’on soit ouvert à ce type d’individu.

Il nous retarde donc, et nous nous laissons faire, en nous parlant de bambous et de plantes, de société et d’apprentissages.

Ensuite nous partons pour Féas retrouver des copains qui nous ont invité sur leur territoire pour l’après midi. La maison, la promenade en vélo jusqu’à la rivière, les pieds dans l’eau, la pêche à la main, les jeux des 3 garçons. Le bébé.

Une douche et un repas plus tard, il faisait nuit, les garçons étaient cuits, et nous reprenions le camion pour rentrer.

Semaine 34 : VSD

27 août

Aujourd’hui ce petit coin de nature

Que j’aspire à avoir, que je vais voir, que j’aimerai devoir entretenir, qui fait partie de moi.

Après l’été, la vie à l’extérieur, le camping même sous la pluie, me revoilà à l’intérieur de l’appartement. Et partout des signes qui me poussent à l’extérieur.

Le petit coin vert sur mon balcon. Les grandes plantes que j’ai décidé de garder à l’intérieur. Les mots de mon Lumineux qui demande presque chaque jour un coin de nature.

Sous quelle forme ?

A voir.

Aujourd’hui je continue mon opération de rangement, tri, vidage de pièces.

J’ai vendu hier la draisienne orange. Depuis 3 jours des bouquins sont dans un sac dans le camion. J’ai vu ce matin le bouquiniste qui me reprend chaque ouvrage 0,20c. Et bien je ne suis pas d’accord. Je préfère tenter de les vendre moi, en vide grenier ou sur un site internet. Me voilà repartie avec mes livres.

Mais j’ai bien commencé de déblayer le bureau, aidée d’Humain (il n’y avait pas que mon bazar dans ce lieu).

Je n’ai pas pris de photo « avant », mais je pense en prendre « après ». Et les familiers qui connaissent l’endroit verront bien les progrès accomplis.

Ce soir je réfléchis à l’aménagement prochain du lieu…. Prenant des mesures et calculant….

--ooo—

28 août

Aujourd’hui succession de bruits

Le blender qui ronronne quand je mixe l’appareil de la tarte au carottes et tomme.

Le souffle du four quand je cuis le pain, puis les puddings et la tarte.

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Les garçons qui demandent quand est-ce qu’on y va, à la fête chez leur copain ?

Le bruit du moteur du camion quand on y va, enfin !

Les voix humaines quand on arrive, douces et atténuées dans les collines du piémont pyrénéens. Et non pas noyées dans le bruissement de la ville.

Partage de nourritures et de boissons, posées sur la table pour la communauté.

Et les concerts !

Mes petites amoureuses en pleine création qui nous gratifient de leurs dernières chansons, encore hésitantes parfois. Ambiance Noir désir mâtinée de Têtes raides.

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La nuit tombe. Je ne peux plus prendre de photos. Ou alors au flash, ce que j’évite.

Karen suit à la flute traversière, accompagnée de la guitare, pour des compositions de Paco de Lucia. Ils terminent par Indifférence, une valse dont j’aime particulièrement la version chantée par André Minvielle.

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Spontanément chacun cherche le titre et partage ses idées avec les voisins.

Julie Lambert vient aussi nous chanter ses chansons de sa douce et néanmoins puissante voix, dans la nuit noire.

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C’est là que Loïc, en animateur confirmé, nous propose un quizz : trouver le titre et l’interprète. Le jeu a beaucoup de succès. Pour ma part je suis nulle à ce jeu. Même version avec les séries TV. Mais le décalage est plus grand encore : je ne connais pas 95% des séries ! Alors leur musique !

Les musiciens, présents ou en devenir font ensuite un bœuf déjanté…. Qui dure jusqu’à plus de 5h.

Solaire s’est endormi vers 2h sur mes genoux, sur le tapis devant la scène.

Lumineux et son copain N. résistent et continuent leurs jeux. Il faut l’obliger à se coucher à 4h quand nous y allons….

--ooo—

29 août

Aujourd’hui un geste qui veut dire

Que le jour est levé depuis longtemps et que les musiciens continuent de s’entrainer. Réveil en musique à 10h. Lumineux veut partir jouer, Solaire a faim. Nous rangeons le couchage. Devant le camion, un champ, un pommier.

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Petit dej au soleil devant la maison, en parlant de musique, de Marciac. Je fais revivre des scènes de concert. Les enfants essayent les instruments.

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Puis les musiciens, de nouveau in the mood, se refont un bœuf.

De nouveau séance de photos. En plein jour c’est plus confortable.

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Avant que certains musiciens rangent leurs instruments.

Geste qui veut dire que la fête est finie et qu’on aborde le déménagement.

Hier soir F. et Y sont arrivés en camion. Comme d’autres. Mais le leur est plus gros, et vide.

La plupart des voitures sont parties.

Nous quittons nos vêtements jolis pour des tenues qui ne craignent rien. Et le grand camion se remplit.

Au fur et à mesure que les norias se font entre l’étage d’où la yourte est délogée ainsi que les étagères, armoires, vêtements, machine à laver et même baignoire….

Au soir le camion est rempli et nous pouvons nous assoir pour boire et manger, nous reposer avant la journée de demain.

Nous rentrons à Pau pour retrouver notre chatte, laissée dehors, ses croquettes et son eau sur le palier.

Evidemment les garçons s’endorment au retour et nous les portons au lit.

Après le rangement nous prenons connaissance de nos mails et j’ai le plaisir de trouver une longue lettre de mon amie Fab.

vendredi 27 août 2010

Semaine 34 : mercredi et jeudi

25 août

Aujourd’hui essayé de

Ranger, déblayer, nettoyer. Pas réussi. Envie d’écrire, de répondre aux courriers d’amis, de profiter de la vacuité de mon esprit, de la seule présence de la chatte dans l’appart vide.

Prendre garde à ne pas en faire une habitude.

Garder à l’esprit l’efficacité d’une vie organisée avec ses impératifs décidés, les moments d’activité physique plus fréquents.

--ooo—

26 août

Aujourd’hui demi-vérité

Ou demi-mensonge. Verre à moitié plein ou à moitié vide.

Traces d’un chemin : moment sur le chemin.

Non-dit ou omission volontaire.

Arrangements avec moi-même, seulement.

Parfois c’est le moment de dire, et il faut que ça sorte, de façon brute ou plus élaborée. Je dis à l’écrit. En phrases entières ou hachées, en explicitant avec des détails ou non. Ou bien je lâche une phrase laconique qui fait référence à une conversation passée. Je choisis mon interlocuteur avec soin. Le plus souvent c’est moi-même qui recueille l’objet de mes colères, coups de gueule, interrogations.

Je ne pratique pas la co-écoute qui me semble trop lourde pour l’interlocuteur ou pour moi, qui a des règles et un vocabulaire qui me heurtent. Je préfère placer ma confiance ponctuellement dans l’écrit et dans « l’autre ». Lancer des images, changeantes, forcément, et voir ce que l’autre y voit, permet de prendre du recul.

Je me livre aussi dans ces pages. Avec parfois des demi-vérités conscientes ou non. Parce que je pense que le reste ne regarde que moi. Non que je sois prude. Mais ex/primer n’est pas se répandre.

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