Parchemins Instantanés

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lundi 8 février 2010

Semaine 5 : VSD

5 février

aujourd'hui vêtement

Gilet de laine à capuche vert anis. Bien chaud. Mais seulement un tee shirt manche courte en coton dessous. Et pantalon de toile légère, noir, au bas resserré. Ciel bleu, nuages gris et rose qui filent ce soir. Des bancs d'oiseaux au-dessus des arbres qui appellent déjà la sève.

Je parie que dans une semaine il y aura déjà des bourgeons.

Passons au bureau.

Solaire allume seul l'ordinateur. Installe son DVD de jeu. Me demande de venir. Comme je tarde il trouve comment ouvrir le poste de travail, clique avec le trackball sur l'icône du DVD et l'ouvre. A l'intérieur il clique plusieurs fois jusqu'à atteindre le jeu. Il m'a vue faire ces manipulations il y a au moins trois semaines. Mais il a un sens intuitif du fonctionnement du PC. C'est impressionnant.

Quand j'arrive je vois qu'il joue déjà. Un jeu de lettres : il doit réécrire le nom d'une ville (Valence), dont presque toutes les lettres sont tombées. Il ne sait pas lire, ne connait pas toutes les lettres, mais il a un sens du rythme entre les consonnes et les voyelles plutôt hallucinant. Je suis épatée !

Ce soir à l'atelier d'écriture, la bibliothécaire a lu mon texte, conquise. Elle dit comme Aigue Marine que je me dois d'écrire. Tandis que Marin Ledun, l'auteur qui nous aide, n'a émis aucune appréciation de mon texte, qui me semble loin de sa façon d'écrire. Tandis que les deux autres aspirants nouvellistes sont un peu sur leur quant à soi, l'un n'ayant pas lu et pas envie de lire mon texte, l'autre me donnant des idées. C'est ça qui est intéressant : ce débat d'idée, le fait de pouvoir raconter mon histoire et de me rendre compte que ça ne tient pas debout, que ça sonne creux si je continue de cette manière. Et puis d'écouter ce que ça évoque pour les autres, et piocher dans leurs idées ce qui va me servir. Ensuite, c'est reparti !

ooo

6 février

aujourd'hui celui ou celle qui dit « oui »

ça fait forcément irrésistiblement penser à une scène de mariage, cet intitulé.

Bon, j'ai déjà parlé de ma conception du mariage, en fait je pense que ça ne sert pas à grand-chose.

Cependant si je veux être honnête je dis que je n'ai jamais voulu me marier, mais que je l'ai fait pour avoir des enfants. C'est un peu bizarre mais ils ne sont arrivés qu'après.... comme si nos corps et nos esprits n'avaient pas su fabriquer des bébés avant qu'on ait ce fichu papier.

Ou alors

Oui on veut aller écouter le concert qui a lieu à la bibliothèque, mais on veut aussi jouer avec le copain qui est là aussi, courir, sauter, bouger.... Et voilà qu'un moment qui aurait pu être sympa devient une heure d'observation rapprochée avec force « chut ! ». Pour finir nous sommes sortis. Et j'étais en colère contre eux.

ooo

7 février

aujourd'hui c'est presque

terminé.

Ma nouvelle noire.

J'ai réussi à l'écrire. A trouver une chute.

Il m'a suffit de me débloquer vendredi, pour pouvoir terminer mon texte.

Me reste à trouver un titre, un pseudo, à aller au service de l'Etat Civil de la mairie pour observer les lieux et pouvoir les décrire (il y a eu des travaux depuis ma dernière visite là-bas) parce que j'en ai besoin pour ma fin.

Et voilà !

vendredi 5 février 2010

Semaine 5 : mercredi et jeudi

3 février

aujourd'hui question idiote

Aucune question n'est idiote.

D'ordinaire je ne suis pas douée pour les questions. Ou alors surtout pour les questions sans réponses. Celles que je me pose à moi-même.

Est-ce que je vais réussir à écrire une nouvelle noire ?

Pourquoi est-ce que je fais sans cesse des listes et des plannings que je suis incapable de tenir ?

Est-ce que j'ai peur d'aller au bout ?

Ou est-ce le milieu, le remplissage, qui me freinent ?

ooo

4 février

aujourd'hui ça me regarde

Des vilains poux me cherchent toujours noise. Alors je sors la crème asphyxiante, je peigne et repeigne en espérant n'oublier aucun espace de mon crâne, ni de celui de mon Lumineux frisé. Ça tombe.

Je lave, et relave toute cette huile. En espérant être débarrassée de cette engeance.

Je recommencerais. C'est sûr.

Et puis je cherche à obtenir les actes de naissance de mes parents. En Espagne et en France. Rien de plus simple avec internet. Ça va tout seul.

mardi 2 février 2010

Semaine 5 : lundi et mardi

1er février

aujourd'hui coup

Pas de coup de vieux malgré un an de plus.

Je pourrais dire que je suis assez vieille pour avoir de l'expérience (dans quelques domaines, et aussi au sens de sagesse), et assez jeune pour avoir deux enfants petits.

Mes 46 ans, par un coup du sort dû à la gourmandise de mon Solaire, m'ont valu une nuit blanche pour cause de vomissements répétés, et par là même de lessives et changements de draps et pyjamas....

Du coup, le petit bonhomme a dormi deux heures dans l'après midi et semble en forme.

Pour le coup, c'est moi qui ai plutôt envie de me coucher tôt.

ooo

2 février

aujourd'hui toujours par deux

Comme beaucoup de choses....

2 yeux, 2 oreilles, 2 narines, 2 seins, 2 bras, 2 jambes, 2 poumons, 2 mains, 2 pieds, 2 fesses, 2 reins, 2 ovaires, 2 testicules, 2 mâchoires chez les mammifères bipèdes.

2 roues sur un vélo, 2 freins et 2 pédales.

2 pinces chez un crabe

2 bois chez un cerf

2 personnes pour un dialogue

etc.

Je pense à mes garçons, pour qui je dois penser toujours par deux : ce que veut l'un, il faut le donner à l'autre aussi. Longtemps je me suis dit que leurs 18 mois de différence en faisaient des frères proches.

Mais j'ai tendance maintenant à les voir comme des presque jumeaux. Leurs interactions sont très fortes et ils se suffisent à eux-mêmes souvent dans leurs jeux. C'est pour le maternage qu'ils ont besoin, chacun d'eux, de ma personne totale. Et ils ont du mal à laisser la place à l'autre.

lundi 1 février 2010

Semaine 4 : VSD

29 janvier

aujourd'hui une princesse

Ben c'est moi !

Suis la seule fille de la maison !

Alors mes petits princes ne se privent pas : Solaire est encore amoureux de moi, Lumineux me trouve la maman/sorcière la plus méga chouette du monde....

Et moi ?

Je jubile !

ooo

30 janvier

aujourd'hui oublié de

changer l'ampoule de la hotte aspirante. J'ai changé une ampoule au-dessus de la table, réparé celles qui sont au-dessus du grille pain et de l'extracteur de jus.

Et ça m'a valu un câlin et le titre de Maman-Sorcière-Princesse-des-ampoules.

Juste avant, Solaire avait écopé du titre de Tectonique-des-plaques parce que les constructions en Lego ne survivent pas longtemps à sa présence.

Tandis que Lumineux a bien gagné son titre de Nez-bouché-qui-refuse-de-se moucher.

Humain étant le maladroit de service : il s'est empressé de faire tomber la louche dans la soupe pour nous le rappeler.

Chacun son truc !

ooo

31 janvier

aujourd'hui moment lumineux

Je prépare un gâteau pour mon anniversaire. C'est aujourd'hui. Et j'ai envie de faire un gâteau aux myrtilles et framboises. C'est d'autant plus long que l'ami J. et ma soeur me téléphonent pendant la préparation. Lentement je continue. Mes parents appellent aussi. Tous veulent savoir le cadeau que j'ai eu : un baudrier d'escalade.

Ma soeur me dit qu'elle va m'offrir aussi les cadeaux de Noël qu'elle avait oublié d'amener.... comme si la courge butternut et le pot de miel récoltés maison n'étaient rien ! En fait, le jour de Noël elle avait juste pensé aux cadeaux des enfants. Et c'est tant mieux !

Ensuite nous parlons de la double nationalité franco espagnole qu'elle a acquise l'été dernier. Je dois faire les papiers pour obtenir mon passeport espagnol moi aussi. C'est une possibilité donnée aux enfants de réfugiés espagnols. Je pense que c'est important de garder un lien avec nos racines, même si nos parents ne souhaitent pas se sentir espagnols de nouveau. Et puis pourquoi refuser un statut de plus? Ma soeur me disait fort justement que lorsqu'elle utilise en Espagne son nom d'épouse on la considère comme une touriste, que l'attention des gens du pays change quand on parle un peu la langue, et encore davantage quand on porte un nom espagnol. Et que cela peut être important dans un pays hispanisant : le regard que l'on porte sur nous change, semble important, on est mieux considéré. J'ai remarqué ce changement moi aussi, y compris lorsque je parle à des musiciens latino américains.

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